Steppen who ?
Steppen | 21 avril 2009 | 01:30
Je suis très silencieux en ce moment.
J’ai un cruel besoin de parler, mais je n’en ai pas envie. Pas ici, pas comme ça.
Pour une fois, je n’ai pas envie de tourner ça en dérision, ni de prendre le soin de bien le présenter ou de faire comme si tout allait bien alors que ce n’est pas le cas. Non, je ne vais pas bien.
Je retiens ces larmes qui montent trop souvent, je retiens mes mains qui tremblent, je fais semblant d’oublier ces cauchemars qui me réveillent la nuit, j’ignore ce cœur qui parfois bat trop fort dans ma poitrine et me laisse le souffle court comme ça, sans crier gare.
Même si je voulais en parler, je n’y arrive pas, la gorge se noue, rien ne sort.
En fait, je me sens comme après une rupture.
Sauf qu’il n’y a pas vraiment eu de rupture au sens propre du terme. La seule rupture que je sens est avec moi même. Et les néons qui clignotent dans mon bureau ne font que renforcer cet état d’esprit qui me fait sentir comme un hangar désaffecté.
Je suis mort il y a trois week-ends de cela, un Dimanche matin vers 1h40.
J’ai laissé mon empreinte sur le bitume, but I’m still leaking, mon essence fuit encore. Goutte après goutte. Inexorablement. J’essaie de la contenir, mais ce qui est parti semble parti. Cicatrisation douloureuse qui ne veut pas finir. Comme un coussin recousu sans rembourrage. Cette nouvelle sensation de vide est difficile à gérer. Sentir que l’on s’efface de l’intérieur. Être engourdi. Ne plus exister, être un fantôme. Vagabonder sans bouger. Parler par réflexe. Être présent sans vraiment l’être. Errer. Persistance rétinienne du moi sur les autres alors que je ne me sens plus là. Parlez dans l’Hygiaphone. Prenez un ticket et laissez un message.
Stereophonics – Maybe Tomorrow
Se distraire à tout prix, se perdre dans le travail, ne pas avoir une minute, pour ne pas penser au reste, à ces murs de verre qui semblent me séparer de tout, à cette fine couche de plastique qui me retient à l’intérieur et que je peux presque sentir en tendant les mains. Avoir mal de ne plus être comme avant, d’être son propre étranger. Et se sentir mal à l’aise de le devenir peu à peu pour les autres alors que je fais semblant que oui ça va, quand je ne me sens déjà plus là.
Si je ne peux pas dire que je me sentais proche du monde extérieur, des gens en Général à l’exception de ceux que j’ai volontairement laissé entrer, je sens maintenant le poids de la distance alors que je me renferme à la recherche de mes vestiges, pour reconstruire les murs de ces cités intérieures attestant d’une civilisation maintenant disparue.
Peut-on dire que l’on est l’ombre de « soi-même » quand le « soi-même » en question semble parti ou dont on ne peut contempler que les restes, sans pouvoir y accéder ?
Reconstruire, ok. Mais reconstruire quoi, comment et quand ? Spécialement quand on se sent encore trop frêle pour vaincre l’incapacité de renouer avec ce qui était présent. Amnésie du soi.
J’essaie pourtant de trouver la force de combler ce décalage interne, mais cela ne me fait que jouer un personnage qui m’échappe, dont j’ai l’impression de ne plus rien connaitre, alors que je hurle à l’intérieur.
Si tout était aussi facile que de charger une vieille sauvegarde.
Ça ne m’empêche pas de tester les électrochocs à petite dose, et les vacances tombent à pic.

Los Angeles, lieu incontournable, point d’origine de vieilles passions dévorantes. Warner Studios. Beverly Hills. Sarah Connor, Kelly Taylor, Lucy Spiller, Britney Spears, Paris Hilton & Heidi -Put it all on me- Montag. Notre hôtel est largement inspiré de Melrose Place. Ça tombe bien, des jours comme aujourd’hui, je me sens presque comme Sydney. Morte, mais avec l’envie et sur le point de revenir dans une version reloaded de ma vie et de moi-même.

Las Vegas, pour la parenthèse qu’elle représente. La traversée du désert et la récompense de toute cette activité au milieu de nulle part, ses casinos, sa folie, sa décadence. Un monde terne qui reprend ses couleurs dans les néons de la nuit. Les perruques de Cher aussi. Love and Understanding. Le Mirage fut rétrospectivement un choix cohérent. Meaningful.
Et le Soleil pour réactiver la cicatrisation de ces journées passées en sous sol, recharger les batteries, faire fondre tout ce plastique qui m’étouffe, briser la glace et retrouver le sourire. Un vrai sourire. Sincère.
L’avion décolle Mercredi matin.
Si je m’y prends bien, ces vacances devraient m’aider à me reposer sur tous les plans, provoquer un retour à la normale, ou en tous cas m’aider à me retrouver, retrouver mes repères et m’assurer que je suis bien encore un peu moi au lieu de cette enveloppe vide qui navigue en pilotage automatique. J’espère.
En attendant, celui qui écrivait ici a disparu…
Je le recherche, et vous préviens quand je le retrouve.










I think that Vegas will be welcome.
Take care.
Enjoy.
Love.
bonne vacances, bon voyage
Ca me rappelle un bouquin très intéressant que j’avais lu un jour : victime des autres, bourreau de soi-même de Guy Corneau. Ou comment relire le mythe d’Isis et d’Osiris. Ca parle de masques, de personnages qu’on joue, de la mort de soi-même avant de se reconstruire… Et à te lire, tu as l’air d’être en plein dedans. Si tu aimes lire…….. ça se trouve en poche.
Sinon, passe de bonnes vacances, loin de tout et des autres !
Take care
Amuse toi !!!
t’as de la chance de pouvoir voyager, alors vaut mieux en profiter ( avec le sourire ! :p )
Si tu le retrouve embrasse le fort de ma part
Ce texte est magnifique. Je ne sais pas ce qui l’a inspiré mais j’en suis navrée pour toi et surtout, surtout, je te souhaite de putains de bonnes vacances
Gros bisouss
Etranges souvenirs que ceux rattachés à ce titre des stereophonics…
)
So may be tomorrow you’ll find your way home
Anyhow take care, and don’t forget you’ve got friends!
Cher will take you home ! :-p
Hey !
J’veux bien être prévenu quand tu retrouveras l’auteur de ce blog, j’l'aime bien moi !
Hey ! voila plus d’un mois maintenant que tu as disparu !
J’espère que tu vas bien !
Putain merde fais chier ! Reviens !
J’ai besoin de savoir que tu as tourné la page, que tu vas mieux.
Allez, reviens princesse !
Marrant il y a 5 ans, je t’aurais dit: « bienvenue dans mon monde. »
Aujourd’hui je préfère te dire de te bouger le cul.
Pouet.
Bon, j’ai compris, j’aurai pas du dire « tu tiendras pas deux mois », et puis, ne pas rebloguer et me dire ça, c’est me donner trop d’importance.
Arrête de faire ta connasse et reviens !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Si tu reviens, j’annule tout !