Watchmen en avant première : Bas les Masques !
Steppen | 28 février 2009 | 10:00Mercredi soir, grâce à Allociné et Brice de Throughmyeyes (que je ne remercierai jamais assez), j’ai eu l’immense privilège de voir Watchmen !!!!
En avant première interplanétaire que ça déchire sa race, ouais ouais ! Croyez moi, quand on voit la population présente, certains étaient forcément venus d’une Galaxie lointaine, très lointaine.
Je passe sur la médiocrité du cocktail qui m’aura au moins permis de rencontrer en vrai le célèbre, le magnifique et fort sympathique Kinoo. Il nous a abandonnés au moment de l’entrée en salle, mais c’était pour la bonne cause, il allait voir Cléopâtre (il a avoué lol).
Une fois installés, après les discours d’usage du Staff Allociné et un jeu truqué (bravo pour ce moment à la Olivier Chiabodo), nous avons étés gâtés par la Bande Annonce de Transformers II. Mouillage intégral malgré la stupeur de découvrir que la Tour Eiffel avait été déplacée derrière le Crillon, wtf? A moins bien sûr qu’un robot n’ait pris la forme de notre Dame de Fer.

Suivi de près par celle de Star Trek. Ce film pourrait être intéressant si J.J.Abrams ne se donnait pas autant de mal pour lui donner l’image d’un simili film d’ado. Imaginez Kirk conduire une American Muscle en plein désert alors que l’histoire dit qu’il ne sait pas conduire, qu’il n’a même jamais touché une bagnole. Imaginez Uhura faisant du shopping avec l’infirmière Chapel dans un centre commercial d’Utopia Planitia. Imaginez Sulu, Chekov et Scotty qui se torchent aux « frat parties » de Starfleet Academy. Imaginez Spock partouzer durant son Ponn’Farr. Imaginez MacCoy dealer des médicaments entre deux parties de « BièrePong » au Mess des Officiers… Autant cracher sur la tombe de Gene Roddenberry et de Majel Barrett/Roddenberry avant de gifler personnellement tous les fans un tant soit peu attachés à la continuité.
C’est alors que Watchmen a commencé.

Si vous n’avez pas entendu parler de Watchmen, c’est que vous êtes un ermite qui n’a pas internet, ne regarde pas la télévision, ne lit pas la presse, et qui n’a pas d’amis, ni aucun contact avec aucun humain (logiquement, il n’y aurait donc aucune chance pour que vous soyez ici en train de lire ces lignes).
Ok ok, si vraiment vous n’avez aucune idée de ce qu’est Watchmen, disons pour simplifier que c’est un comic book des années 80 qui brille par son scénario, la qualité de sa mise en scène et de ses graphismes. A tel point qu’Alan Moore & Dave Gibbons, respectivement Scénariste et Dessinateur, se gargarisent sur le fait qu’il s’agisse plus d’un « roman graphique » que d’une simple BD. C’est ça… Et moi je ne tiens pas un blog mais un « roman du quotidien ». Sérieux faut redescendre un peu sur Terre… (Pour en savoir plus sur le comic book, c’est par ici)
Le film de Zack Synder (300, L’Armée des morts), qui sort le 4 Mars et sera interdit aux moins de 12 ans, adapte ainsi l’histoire de ces héros mis à la retraite contre leur volonté (et plus ou moins résignés à cette situation) par le Gouvernement Américain qui, doutant de leur légitimité à faire régner la justice, a voté une loi interdisant l’action des super héros. Un beau jour, ou peut être une nuit, ils découvrent qu’un des leurs a été sauvagement assassiné. C’est une pourriture, mais c’est l’un des leurs quand même.

Nous sommes dans les années 80, en pleine Guerre Froide, et le Monde n’a jamais été aussi proche de s’autodétruire à coup de bombes atomiques. Le peuple inquiet se défonce à la bière et aux putes bon marché dans un New York clairement inspiré du Gotham City de Frank Miller (Pour info, The Dark Knight a commencé à paraitre 8 mois avant Watchmen. Au début de cette série, Batman avait pris sa retraite car : « dans le contexte de Guerre Froide, les autorités américaines ne supportent plus l’existence d’un contre-pouvoir, ce qui a forcé Batman, Wonder Woman et Green Lantern à cesser leurs activités et Superman à se mettre au service de l’Etat »… Tiens donc ! Curieux comme cela rappelle étrangement l’histoire de Watchmen non?)
Dans les faits, les Watchmen, en vrai, ce sont des gens comme vous et moi, menant une vie simple parsemée d’amours transis, de viols, de parents abusifs etc etc…
Leur véritable exploit est de nous entraîner dans ce quotidien flirtant entre la banalité affligeante et l’extraordinaire, tout en dissertant sur l’humanité : sa définition, ses manifestations, son avenir.
Il faut se rendre à l’évidence, n’étant pas Iron Man ou Batman qui veut, ces héros aussi sont parfois un poil Gnangnans.
Par exemple, ils ont tous de sublimes costumes, mais ils ne se décident à les enfiler qu’à la fin. Comme pour récompenser les spectateurs les plus patients. Mention Spéciale du Jury à Silk Spectre II dont le costume en latex est délicieusement Pushy Pushy. Son attitude de néo-Xena est également très stimulante.

Sauf qu’on n’a pas droit aux habituels gros plans sur les culs moulés dans le latex comme dans les Batman de Schumacher. Là, préparez vous plutot aux gros plans sur la verge (et/ou le postérieur) en images de synthèse du Dr Manhattan, espèce de « Schtroumpf exhib » qui ne sait plus très bien s’il est un homme grisé par son pouvoir qui perd pied et se prend pour un Dieu ou un Dieu qui se prend pour un homme. Notons qu’il a au moins compris qu’il n’était plus vraiment humain au sens de la dissertation digne d’une épreuve de philo du Baccalauréat que représente le film. Tant dans les dialogues que dans les symboles disséminés ici et là en arrière plan.
Car Watchmen est visuellement très soigné. Carrément joli, avec son graphisme particulier, qui reprend au millimètre près une somme astronomique de cases et angles de vue de la BD (les sites à ce sujet vont fleurir, comme ici ou comme là). Une adaptation au premier degré, ça change des nanards qui chamboulent tout pour arriver à un grand n’importe quoi (là maintenant, je pense à X-Men III, mais on peut aussi faire entrer Spider Man III, Spawn, Street Fighter, le prochain Dragon Ball et tant d’autres dans cette catégorie).

Excepté qu’au milieu, nous avons ces trop nombreux et interminables plans sur les Twin Towers. Au soleil, sous la pluie. A midi ou à minuit. Pour tout et rien on nous les case, comme si l’équipe avait relevé le défi de les passer à l’écran suffisamment pour rattraper tous les films où elles auraient du apparaitre depuis 2001.
Ceci dit, a New York dans les années 80 c’est plutôt normal qu’on les voit, et le comic book doit sans doute en regorger. Ici c’est too much. Dans le cas de l’image ci-dessus par exemple, les tours n’apparaissent pas dans la BD. Alors pourquoi les y rajouter ?

Je m’attendais à un peu plus de retenue. Une fois ça va, deux fois ça passe, trois fois c’est redondant, quatre fois c’est limite, et après c’est juste gonflant de prétention alors que c’était sensé être un poil audacieux (j’imagine).
A nous perdre ainsi dans le paysage, les bagarres se font rares. Mais elles sont spectaculaires. Un travail de chorégraphie titanesque. C’est assez violent mais ça passe bien. Et puis nous aussi on a besoin d’évacuer l’agacement de l’attente que l’histoire paraisse enfin se mettre en place passé le premier tiers du film.
Seul regret, on ne saura jamais trop vraiment d’où leur vient toute cette puissance (sauf pour le Dr Manhattan, qui ne tire pas ses pouvoirs de son manque de pudeur ni de son énorme sexe bleu… non non non).

Oui, Watchmen c’est un patchwork d’éléments géniaux et d’autres carrément gonflants, mous, lents et longuets qui s’alternent et se reflètent à l’infini comme un Palais des Miroirs aux Alouettes.
Le début est une fin, la fin est un début… de la fin du début de la fin du début de la fin…
L’à peu près dernière phrase du film souligne à ce titre la pensée de tout spectateur encore un tant soit peu attentif et/ou intéressé :
« Ca ne finira donc jamais ? »
Même les « Seigneurs des Anneaux » ne m’ont pas semblé aussi longs (bien que définitivement plus chiants). Là, c’est quand même 2h40 où il ne se passe rien pendant 50 minutes, puis ça s’agite un peu sur une scène choc avant de redescendre 50 minutes sans rien, etc.
Comme une série mise bout à bout, on en distingue parfaitement les Cliffhangers soulignant chacun des « Chapitres » et relançant tant bien que mal l’histoire.
Mon « Chapitre » préféré restant celui de la Prison avec Rorschach, personnage troublé, énigmatique. A mon sens le plus profond et intéressant. Bien qu’il soit manifestement une espèce de copié/collé du Dark Knight dans sa manière d’aborder la justice, de la rendre, et surtout, oui surtout, de parler (cf la bande annonce au début de cet article).
« Je ne suis pas enfermé avec vous, c’est vous qui êtes enfermés avec moi ».
Ce Chapitre est révélateur, amusant, jouissif, mais bien trop court (d’ailleurs, ça m’a fait penser à cet arc de DareDevil où il se retrouve en prison avec le Caïd, mais c’est une autre histoire)

Sauf que si Watchmen a un découpage de série avec Cliffhangers incorporés, il a surtout le goût d’une série qu’on ne commencerait à regarder qu’à partir de la saison 2. On est un peu débarqués comme ça au milieu de nulle part avec une bande d’étrangers. Du coup, les révélations finales paraissent de prime abord sans intérêt et ne peuvent déboucher que sur des scènes d’émotion qui laissent froid. Pour dire vrai, je n’ai perçu aucune émotion en provenance des personnages à l’exception de Rorschach et du Hibou (tellement stéréotype du rétro-geek qu’il en est forcément attachant).
Le plus gros problème de Watchmen est que le fabuleux côtoie trop souvent le lamentable. La copie se veut tellement parfaite qu’elle en arrive au point d’en faire trop. Ça fayotte de tous les côtés, on le sent et c’en est agaçant au possible. Mais il y a malgré tout quelques éléments qui font relever la tête entre deux phases de sommeil.
Disons qu’ils auraient coupé le Bullshit Philoso-Théologique, les relations amoureuses fadasses, les scènes inutiles à rallonge et focalisé l’histoire sur la mort du Comédien et l’enquête de Rorschach, Watchmen aurait été le bon film que tout le monde j’attendais.

Au lieu de ça, on a droit à un film inégal, dont les scènes sont mal équilibrées.
Vous savez, comme un film dont les scènes auraient été mises bout à bout chronologiquement mais en attente d’être monté, tout simplement que l’on vire les scènes qui n’apportent rien à l’histoire parce que sinon le spectateur risque de s’ennuyer s’il n’est pas un fan absolu (on est quand même mieux servis qu’avec Jumper, Palace Pour Chiens ou Twilight, représentations du niveau zéro cinématographique).
En parlant de fans absolus, préparez vous : il existe une Version Director’s cut avec presque une demi heure de film en plus.
Ooh, j’ai hâte de les voir se regarder dans le blanc des yeux pour ne rien se dire sur fond d’encore plus de Twin Towers, ou pour se torturer l’esprit avec trois fois rien sur « qu’est ce que l’humanité? Mérite-t-elle qu’on la laisse s’autodétruire ou devons nous la protéger même si c’est contre son gré, et quand bien même nous interviendrions, est ce que la paix durera ? ».
Watchmen, c’est un peu comme le lycée, au fond. Ça fait très : « Vous avez trois heures, sortez vos stylos, rangez vos trousses, vos téléphones portables et fermez vos sacs». Ça se masturbe beaucoup le cerveau pour pas grand chose.

Alors, vous sentez vous prêts à investir 2h40 de votre vie ? Soyez bien sûrs de vous avant de vous y risquer.
Malgré cette longue séance de bitchage en règle, je ne sais toujours pas si j’ai aimé ou détesté. Tout se mélange et au fond, trois jours après, j’ai envie d’y retourner. J’irai sans doute à nouveau le voir avec Jay (si je ne l’ai pas découragé lol).
Au moins, la bande son est impeccable, rien à redire. Rétro, entrainante, adaptée, efficace. A défaut d’aller voir le film, peut être vous accorderez vous le luxe de craquer pour son OST ?
Il paraît que Watchmen prend une nouvelle dimension à chaque lecture/visionnage. Qui sait quels détails me frapperont, qui sait ce qui en ressortira cette fois…
Tout ça m’a fichtrement donné envie de lire la BD ^^










Eh bien j’irai quand même puisque toutes ces questions moi je ne me les pose pas ….mais au moins pour voir les verges ^^
Et bien ironiquement, j’ai acheté la BD cet AM. Enfin, the graphic novel
Très bonne critique !
Ceci dit, j’irai, moi aussi, quand même le voir (pas pour voir les verges, les culs moulés et les abdos en béton ^^, mais peut-être pour tout le bullshit philosophico-théologique ^^).
Faut vraiment, en tous cas, que je lise ce roman graphique (hihi!) au plus vite.
Btw c’est quoi tous ces films qui durent 2h45, 3h ou plus ? J’ai vu, dans le genre, cette semaine, Benjamin Button. J’ai bien pensé décéder d’ennui.
Mon chéri a la bd, je vais donc commencer par là. Le film ne me motive que très moyennement, mais bon, maintenant qu’on m’annonce des verges en gros plan, why not? ^^
Etant überfan de la BD et du maitre, j’irai de toutes façons le voir.
J’espère que les points négatifs que tu soulèves ne sont pas trop rédhibitoires. Mais j’ai un peu peur en lisant ton article que la plupart des choses que tu n’as pas aimé sortent directement de la BD. :-/
Marrant la comparaison avec the dark knight de Miller. Je n’avais jamais regardé les dates alors que je suis fan absolu de celle là également (tiens ça me fait penser qu’il y a une suite qu’il va falloir que j’acquière un jour moi).
Bref, de toutes façons j’irais le voir et je reviendrais vers toi pour massacrer/encenser le truc.
j’ai ete le voir hiere et franchement le film est passé comme du miel perso je ne me suis pas amusé a compter les apparitions des tours jumelle(un peu rien a f…)! pour ce qui est de « l’equilibre » generale du film moi je n’y est trouver rien a redire, il n’y a pas autant d’action que dans d’autre film de « super hero » mais le film a reussi malgré tout a capter mon attention du debut a la fin. j’ai eu peur de m’ennuyer durant c’est 2h43….ca n’a pas ete le cas!
Rorschach 4 ever!
Jay : Alors, pas trop soporifiques les verges? :p
Brice : Et quand tu l’ouvres, tu te dis qu’un génie du Marketing s’est penché sur ce machin… Le terme « pompeux » prend ainsi tout son sens une fois le comic en main.
Gimmeakiss Darval de Bayen : Quand on pense que dans les années 80, la moyenne était à 1h20 et que 1h30 c’était déjà long lol. S’il y a bien un truc à ne pas faire ce doit être enchainer Benjamin Button et Watchmen. Si tu termines sur « Twilight », tu as là une belle combine anti-crise qui achève de te décider à abandonner ta carte de ciné…
La Vilaine : Pourquoi ne suis-je pas étonné?
Diego : Je t’imaginais bien avec un T-Shirt Smiley de toutes façons. L’absence de feedback, c’est parce que vous n’avez pas osé voir les verges sur grand écran? ^^
wr82 : Pour tout avouer, il passe mieux la deuxième fois, quand on sait à peu près à quoi s’attendre. Maintenant, je me suis quand même ennuyé aux mêmes moments. Pour en revenir aux Twin Towers, autant leur première apparition à l’écran (ou plutôt au beau milieu de l’écran, juste entre deux personnages) souligne ce qui se dit et est plutôt bien trouvé (une longue tirade sur l’infondé des guerres énergétiques qui n’en finissent pas), autant les 19 plans suivants (j’ai compté) sont vraiment superflus. RORSCHACH 4 EVER !
En fait, nous avons privilégié Die Welle (La Vague en VF), vu que je me remets à l’allemand.
Mais effectivement il faudrait qu’on se sorte les doigts et qu’on aille le voir. >_<’
[...] des copines : Brice, Kinoo, Korben, Steppen, Gonzague, [...]
Diego : Avec Jojo? ^^