Je ne suis pas déménageur (pas même Breton)
Steppen | 1 juillet 2008 | 3:13Je suis à la ramasse sur mes articles en ce moment, je sais. Mon vrac continue.
Toujours débordé au bureau. Je ne m’en plains pas, car ça veut dire des rémunérations plus intéressantes à la fin du mois. (Petit bémol quand même car j’ai un peu de retard qui commence à s’accumuler).
Niveau perso, je vous remercie pour vos précédents commentaires. Moi qui aime bien répondre d’habitude, je ne l’ai pas fait, tout simplement parce que je ne sais pas comment, ni quoi vous dire.
Malheureusement, la famille éclate et ça craint toujours autant.
Non, ça craint de plus en plus en fait.
Hier soir, grosse dispute avec ma mère.
Je venais de me taper 1h30 de trajet en sortant du bureau dans la chaleur, les gens qui transpirent et qui lèvent les bras, ceux qui puent naturellement, les gens qui se suicident dans le RER, les RER annulés, les autres retardés, les gens cons qui te bousculent pour passer en premier alors qu’il y a à priori de la place pour tout le monde, ceux qui marchent sur tes super chaussures, les bus full de chez full, dont deux qui me sont passés sous les nez, les abrutis qui prennent poussettes et 4 ou 5 valises dans le bus et qui portent des sac à dos au cas où on ne manquerait pas encore assez de place, quand elle m’annonce, quasi avant même de me dire bonjour, qu’il faut que je fasse du tri dans mes affaires, que ça tombe bien car elle m’a sorti plein de trucs sur le perron.
Arrrg, Get-Apens !!!!
J’ai les yeux qui s’écarquillent d’un coup, c’est ça l’effet “interrupteur” : du sourire au super énervement en moins d’une seconde…
La veille, elle m’avait fait culpabiliser sur le fait que mon grand père subissait un nouveau prélèvement,sur son oreille, qu’il faudrait passer car il serait fatigué et que sinon ils seraient déçus de pas me voir. Je voulais venir de toutes façons, mais rien que ce vrai/faux conseil ça m’avait gonflé. Je fais ce que je veux, je sais ce que je fais !
Bref je brave les transports en communs, et en fait, tout ce qui l’intéressait, c’était que je fasse son putain de déménagement !!!
Vu la scène, en pleine rue, même le voisin à trois pâtés de maison plus loin n’a pas été déçu.
Non, désolé, je ne me suis pas tapé 1h30 de transports pourris pour me retrouver obligé de trier des trucs poussiéreux en costume !!!
Forcément, elle n’a pas apprécié que je lui dise que j’en avais marre et que je n’étais pas venu pour ça.
La “conversation” fut houleuse, genre “je vais mettre toutes tes affaires sur le trottoir” suivi de “ça fait trois semaines que je suis remontée à Paris, que je suis seule à tout faire et vous (Jay et moi) êtes quasi jamais venu, vous pourriez au moins refuser des soirée avec vos amis pour venir” puis “de toutes façons même Jay je l’ai vu ici plus que toi“.
Culpabilisation, culpabilisation… Ça marche comme ça dans la famille et au final on te force à faire tout et n’importe quoi en jouant avec tes sentiments.
Ahah, le fils indigne qui travaille la semaine au lieu de déserter en pleine période de rush… Fils indigne qui préfère ne pas se taper une heure de transports pour se vautrer dans la poussière en costume… Fils indigne qui n’annule pas le week-end à Rennes offert par son mec… (je veux dire, Jay a refusé des lunettes Vuitton quand même, j’aurai pu refuser ses billets de train lol)… Fils indigne qui sort tard du bureau parce que ce sont ses horaires et qui ne chamboule pas son emploi du temps quand sa mère squatte à Paris sur un coup de tête.
Comme si j’avais besoin d’entendre des conneries pareilles.
Je crois lui avoir dit que si elle voulait mettre mes affaires sur le trottoir, elle pouvait le faire, avec mon aval. Je crois bien qu’en lui disant ça, j’ai balancé une pile de bouquins sur le dit trottoir pour illustrer mon propos. Je crois bien aussi avoir rajouté qu’elle avait bien raison de partir s’installer à Toulouse.
Elle m’a demandé de partir d’un “va-t-en tu n’es plus le bienvenu ici“, et j’étais déterminé à le faire (alors que je venais juste d’arriver après un calvaire d’1h30).
C’est là que ma grand mère s’est mise à pleurer en demandant que je reste et qu’on arrête de se disputer.
Bravo Maman et un grand merci à toi pour m’avoir fait revivre ce condensé de mon adolescence, 12 ans après, devant mon mec ! (Jay, je crois que tu as été intronisé. Tu fais “officiellement” partie de la famille.)
J’ai pris sur moi et présenté des excuses de pure forme (mon ulcère vous passe le bonjour) qu’elle n’a pas accepté.
Au contraire, elle en a remis une couche. “Encore heureux que tu présentes tes excuses“.
Re-Bravo et un grand merci pour m’avoir fait revivre ce condensé de mon adolescence. (mon ulcère vous re-passe le bonjour)
Contrairement à mon adolescence, cette fois, j’ai feint de changer d’avis. Mais ce n’est pas le cas.
J’hésite à lui envoyer une note de pressing, pour la forme…
De son côté, mon grand père était très lucide. Trop painfully lucide… Il dit qu’il faut bien partir un jour, qu’il est pas éternel et que si c’est pas un cancer, ce sera autre chose. Il pense qu’il vaut mieux que lui parte plutôt que les enfants du service de cancérologie qui n’ont plus de cheveux.
Je réalise que j’en veux à ma mère d’avoir provoqué cette engueulade et d’avoir gâché une soirée peut être parmi les dernières passées avec lui. C’est sûrement pour ça que j’ai eu du mal à supporter le “get-appens”.
Lui il meurt (disons plutôt qu’on l’annonce mourrant alors qu’il n’en a pas vraiment l’air) et elle ne pense qu’à vendre, brader le fruit de leur vie sous leurs yeux.
Même pas la décence de nous accorder une soirée de répit, faire autrement que comme s’ils n’existaient déjà plus alors qu’on est dans l’incertitude la plus complète (résultats de l’analyse des prélèvements dans 15 jours).
Il y a même pas deux ans alors qu’elle pleurait au téléphone quand son beauf homme marié (il l’est toujours) ne lui donnait pas de nouvelles, quand j’essayais de la consoler, elle me disait qu’elle s’était trop “sacrifiée” pour nous (mon frère et moi), que maintenant il était trop tard et qu’elle avait gâché sa vie à cause de nous.
Sympa… Merci… On n’a rien demandé à personne et by the way, ce ne sont pas des choses que l’on dit à son fils.
Bon… Parenthèse close avant que je ne commence à devenir méchant (Et là j’en ai vraiment envie même si je le regrette déjà).
Dans un monde idéal, tout cela ne me toucherait pas et je ferais comme si rien ne s’était passé.
Ouais, sauf que là c’est pas possible. Bientôt 8h se sont écoulées depuis et je suis encore tellement énervé…










Steppen, si t’as besoin d’aller prendre un verre et déverser un trop plein de mot t’appelle hein.
Pas besoin de prétexter du pushy pushy
Pour un peu ça me rapellerait une patte dans l’plâtre ^^
Je vais t’offrir un week end détente en thalasso….avec des shots dans la piscine ;op
Faudrait que j’en parle aussi de temps en temps, mais tu le fait tellement mieux
Bon courage encore … ( je sais c’est facile à ecrire ! :p )
La culpabilisation ça fonctionne dans toutes les familles à ce que je vois… Ne regrette pas de réagir et d’écrire tout ce que tu écris. C’est presque de la légitime défense. Il faut que ça sorte… C’est tellement dans les tripes. Culpabiliser quelqu’un pour excuser ses propres faiblesses, tout le monde le fait, surtout dans la famille. Les mères culpabilisent leurs enfants, les enfants culpabilisent leurs parents… C’est humain, mais ça fait mal quand même, même si les mots vont souvent largement au-delà de ce que l’on ressent.
Des bises et aère-toi l’esprit, il n’y a que ça.
Mon petit Steppen, un petit mot de soutien (via l’ordi de linkiseb). Je pense que le chantage émotionnel est très perturbant, je comprends même si j’ai la chance d’être épargné au niveau familial. Mais si je peux faire preuve de compassion c’est aussi que je sais trop bien que quand on n’a pas de problème… on les attend et qu’ils finissent inévitablement par arriver parce que c’est la vie et que dans ces moments là, il n’y a que notre propre conscience qui nous sauve. Bisous mon Grand, je pense fort à toi.
ça fait quelques billets que je n’étais pas passé et je profite d’une envie de pas bosser pour venir et qu’est-ce qui m’arrive ? Je tomve sur ce billet qui me fout le cafard. Je crois que je vais retourner sur excel, et te souhaiter sincèrement bon courage.