“Il est grand temps de rallumer les étoiles”
Steppen | 6 juin 2008 | 17:30
Voilà une semaine des plus troublantes qui s’achève.
Mercredi midi, j’ai déjeuné avec un ex qui m’apprend que sa mère est décédée il y a même pas trois semaines. Elle était trop jeune pour se faire emporter par ce truc foudroyant. Je me rappellerai toujours de ce concert de Zazie avec elle. Si je devais vous la décrire, la seule image qui me vient est la mère de Michael dans Queer as Folk. C’est hallucinant comme le personnage de fiction semblait calqué sur elle. Super sympa, drôle, ouverte, militante aussi.
Ça m’a fait un choc et j’ai (re)découvert que je ne suis pas aussi insensible que ce que j’aurai voulu le croire.
Je n’attends pas que Jay comprenne pourquoi ce décès me touche. En fait je ne lui en parle pas, et j’ai de belles insomnies depuis.
Mais putain ça me fout la rage.
Il y a des moments où ça va, j’encaisse. Il y a aussi des moments où je refuse d’y croire, je me dis que ce n’est pas possible. Et puis il y a les moments où j’y pense grave et où ça ne va pas du tout.
Pendant le temps de notre relation, elle m’a toujours considéré comme un membre de sa famille. Alors que rien ne l’y obligeait. J’admire cela et c’est sans doute la raison pour laquelle que je suis aussi touché. Sans compter que cela me renvoie à l’hypothèse de la perte des membres de ma famille, celle là même qui m’a fait éclater en sanglots le soir de mon anniversaire (happy birthday me!)

Bref suite à ça, je me suis montré plus attentif ou disons plus sensible.
Ce même mercredi après midi, alors que je me sentais vide et où je devais bosser malgré cette foutue claque, une collègue vient nous raconter pourquoi elle n’était pas là Lundi matin.
Sa grand mère a fait une chute dans sa maison. Il était 3h du matin, elle a glissé sur un pinceau (sa maison était en travaux). Elle s’est ouverte le crâne sur l’arête de sa porte. 6 points de suture, col du fémur fêlé, et des hématomes un peu partout.
Ne pouvant plus tenir, je suis parti m’isoler avant de pleurer, ce que je m’interdis formellement.
Hier, une autre collègue nous explique que sa grand mère est en train de s’éteindre, que les médecins lui ont dit que c’était sans doute sa dernière semaine à vivre.
Ils le font exprès, c’est une conspiration c’est ça?
Aujourd’hui, à midi, encore une autre collègue nous fait une crise d’épilepsie. Ca a commencé par de légers tremblements de ses bras. Ses deux collègues immédiates se sont approchées d’elle et lui ont tenu la main.
Sa lèvre tremblante sur un visage apparaissant comme paralysé, elle ne faisait que s’excuser. Je sentais les larmes monter en imaginant le malaise qu’elle pouvait ressentir.
On avait déjà appelé les pompiers, et elle a tenu jusqu’à leur arrivée avant que cela ne se déclare.
L’entendre gémir, pleurer, entendre les pompiers lui demander tour à tour de répéter son nom puis de “rester avec eux” m’a complètement bouleversé. J’étais très inquiet et en total état de choc. Je suis donc sorti me calmer avec une cigarette avant que cela ne se remarque trop (alors que je venais à peine de me faire ma réputation de mec insensible, cynique et pourri).
Une heure de crise avant que les Pompiers ne l’emmènent à l’hôpital.
Tout ça, c’est carrément trop pour une semaine… Je me sens vidé, épuisé.
Je n’ai actuellement qu’une hâte : rentrer à la maison, me préparer à recevoir nos invités et enfin décompresser. J’espère réussir à me reposer de cette éprouvante semaine. Je ne suis plus habitué à me sentir aussi à fleur de peau et vulnérable en termes de sentiments.
Croyez moi quand je vous dis que pour un partisan de la raison, c’est tout bonnement horrible !










Je passe par ces phases de temps en temps. C’est angoissant. Comment vivre avec ?
Un peu de relativité… La mamie mourrante sera sans doute mieux une fois passée l’arme à gauche; soulagée, libérée… Et l’un dans l’autre ça sera sans doute plus facile à vivre pour sa famille. Parce que finalement le deuil est un état de fait contre lequel on ne peut lutter, juste accepter, alors que la maladie, finalement on passe notre temps à se battre contre, une lueur d’espoir, un souhait, un rêve. Il n’empêche que le décès de gens qui nous sont chers, qui nous ont marqué, sera toujours une épreuve délicate à passer.
Ne psychote pas sur la disparition de tes proches, mais garde néanmoins à l’esprit que c’est dans le déroulement naturel des choses, tu devras les enterrer tôt ou tard. J’en discutais encore ce matin: mon père va fêter ses 75 printemps dans un mois, et Yves Saint Laurent est mort cette semaine à 72 ans. Depuis un ou deux ans j’ai une facheuse tendance à faire ce genre de comparaison douteuse sur les nécros des quelques hommes célèbres qui nous quittent. Finalement je me prépare sans doute à l’idée. Ce n’est pas pour autant que le jour J le cap sera plus aisé à passer…
Tu sais où me trouver si tu veux en parler ;o)
Pleure, pleure, y’a que ça qui marche. Et parler aussi.
Mich : Je ne sais pas vraiment. Dormir et laisser faire le temps je crois…
Skeet : J’assume mon côté égoiste et je dis que ça craint grave !
C2DB : Boyz don’t cry, et je ne suis pas du genre à parler. Enfin on en reparle, right?
Je persiste: si d’aventure tu veux en causer devant une pelforth fraise, une vodka tagada ou un mojito, tu sais où me trouver
Skeet : Message reçu