Théseus, une autre histoire de Dédale.
Steppen | 23 novembre 2007 | 9:08
Hier midi, je suis passé faire un tour dans cette enseigne qui miracle, se trouve en face de ma Real Job TV.
J’adore le nom de cette enseigne, ca m’a toujours fait penser à un certain endroit Parisien… Je m’imaginais cet endroit mis au goût du jour d’un “Office”, avec des Monsieurs déambulants en costume, entre la “Dancing Salle de Réunion”, les “Bureaux Individuels”, les “Cubicles” et la “Reprographie” seulement éclairée par la lumière de photocopieurs. Oui bon, cela pourrait être un thème comme un autre, et la sélection pourrait aussi se faire sur la manière de nouer sa cravate. “Noeud simple? tu dégages“… “Double Windsor? Bonjour !” (Oui je sais, j’ai parfois l’imagination fertile)
Enfin bref, il est pas loin de 2h du matin et j’ai ENFIN terminé de trier mes fiches de paie depuis 2000, que j’ai classées avec tous les éventuels justificatifs de RTT, demandes de congés, et les courriers de litiges qui pouvaient s’y rattacher (rappel de tel ou tel point de mon contrat, de la convention collective, du code du travail, etc…)
Je me rappelle d’un de mes employeurs qui m’avait qualifié de “trop protocolaire” à l’entretien d’embauche. Ca s’était bien passé chez eux et nous nous sommes séparés d’un commun accord, sans heurt quelconque.
Oui, j’aime que les choses soient faites dans les formes et si cela fait de moi quelqu’un de protocolaire, soit! Comme partout, il y a des règles à suivre, et si mon employeur est réglo, je le serai également.
Je pars du principe que les DRH et autres Managers sont des personnes intelligentes et compréhensives même s’ils ne sont pas à l’abri de faire des erreurs. Ainsi, j’ai toujours laissé une chance à mes employeurs de rectifier leurs “oublis” en leur expliquant de vive voix mes griefs. Selon leur réaction, c’est toujours là où l’on se rend compte si l’on bosse dans une boîte honnête et attentive, ou une “boîte à pigeons”.
La plupart du temps, on m’a ri au nez, et les attitudes de mes supérieurs hiérarchiques ont subitement changé… Mais F*ck, ils auront au moins tous eu une chance de montrer qu’ils étaient honnêtes.
Une fois la confiance entamée, j’épluche tout : mon contrat, mes fiches de paie, je compare avec la Convention Collective, je fais des recherches (je demande l’avis d’un spécialiste s’il le faut), et je me défend. D’abord le courrier recommandé qui résume l’entrevue et ses conclusions, avec un rappel des points et divers textes de loi pour appuyer (une nouvelle fois) le fond de ma pensée. Généralement, l’employeur reconnait ses torts et régularise. Généralement, ils mettent du temps et je ne fais déjà plus partie de leurs effectifs.
Il arrive que l’employeur réponde par la négative et tente de se justifier… Là, ce sont souvent de belles perles, soulignant soit l’incompétence des employés de services RH, soit leur mauvaise foi manifeste. Lire les débilités que peuvent contenir ce type de courriers me fait souvent rire, comme de belles private jokes avec moi même, car un oeil extérieur trouverait soit cela affligeant soit abandonnerait devant l’obstacle tellement il semble insurmontable. Je n’ai jamais compris ces personnes qui savent que leur employeur les entube, qui demandent des conseils et qui au final ne font rien car “C’est trop laborieux”. C’est peut être l’effet recherché… Que l’on abandonne, pensant que l’obstacle demande trop d’effort à être franchi.
Théseus illustre parfaitement ce type de méthodes. Rattaché à un grand groupe, tout semblait forcément plus insurmontable.
Pour commencer, un directeur d’agence carrément incompétent, avec une politique commerciale fluctuante tous les 15 jours (faites ca, non arrêtez j’ai un ami qui fait ceci alors faites ceci, non j’ai lu dans la presse que ca se cassait la gueule, recommencez ca, non arrêtez, etc…), et se cachant derrière le service RH du groupe (soutenu par le vrai/faux service juridique employant 20 soit disant juristes de “Haut-vol”, je cite).
Pour couronner le tout, il était du genre incapable d’admettre ses erreurs car “en 25 ans d’expérience ici, j’en ai plié de plus coriaces”. Moui, on dira plutot que quand il avait quelqu’un dans le collimateur, il se montrait vraiment patient, attendant l’instant propice pour lui tomber dessus. Son plus gros point faible étant son égo, lui mentir sur le fait qu’il est vraiment une figure qu’on admire réussissait à lui faire céder (partiellement) et il vous laissait tranquille pour un mois entier.

Venons en à son fait. Monsieur a “oublié” de présenter et de faire signer ses objectifs à un commercial, a changé arbitrairement son mode de rémunération en “oubliant” de lui proposer un avenant et en le laissant découvrir tout cela sur sa fiche de paie, puis il s’est décidé à changer ses objectifs tous les mois, pour enfin “oublier” de lui régler sa prime de vacances (quand les autres employés la touchent), tout en “oubliant” au passage d’appliquer les minimas de la grille de salaires prévu par la Convention Collective.
Oui, cela fait beaucoup d’oublis (que ma Conseillère Financière tendait à me rappeler aux alentours du 10 de chaque mois, quand ce n’était pas le 5). Et beaucoup d’oublis provoquent beaucoup d’entêtement quand on les lui rappelle. D’abord oralement, puis par mail (transféré au service RH qui n’a pas bougé).
J’ai énormément apprécié le jour où un Délégué du Personnel est venu nous voir, que je lui ai présenté les “oublis” dont j’étais victime et où j’ai dû ensuite lui expliquer le texte de la Convention Collective et son champ d’application sur les points qui m’intéressaient. Je me suis vu objecter un “mais ici ça fait des années que ça se passe de telle façon alors on va pas changer… Vous êtes vraiment sûr que la Convention dit ça?”. Haussement de sourcil, merci pour rien, j’étais désormais fixé sur l’utilité des D.P.

Ensuite, Théseus a été gentiment “cédé” à une de ses entreprises concurrentes. Monsieur le Directeur d’Agence a réintégré les rangs du groupe, nous laissant en pâture à la Nouvelle Direction. La Nouvelle Direction se voulait humaine, attentive, prête à soulever terre et ciel pour nous accompagner dans cette “période de transition”.
Et bien en fait non, c’était même tout l’inverse.
J’ai été convoqué pour m’expliquer sur le litige qui m’opposait à Théseus et pour trouver, ensemble, une solution. Il m’a été promis d’étudier mon cas, de régulariser tout cela pour la prochaine paie, et de me faire une “nouvelle proposition de collaboration”.
A la fin du mois, j’étais en congés, j’ai donc eu le loisir d’avoir mes yeux pour pleurer quand ma CB fut refusée dans une pompe à essence lambda sur la route des vacances. De retour sur Paris, je leur ai fait un courrier d’étonnement de n’avoir vu aucune régularisation (en fait, mon salaire avait été “estimé” à la louche et n’avait jamais été aussi bas que ce mois là, sans qu’aucun correctif ne vienne rattraper la différence par la suite).
Retour de congés, me voilà convoqué de nouveau.

Interrogatoire d’intimidation en règle. Ils m’expliquent que s’il n’y a pas eu de régularisation, c’est un “oubli” (tout comme ils ont du “oublier” de m’envoyer une fiche de paie ce mois là et le mois qui a suivi), qu’ils sont des gens de parole et que faire le courrier que j’ai fait est une “trahison”. Peut être ont ils eu du mal à digérer la copie à l’inspection du travail… Quoiqu’il en soit, ils m’ont promis ce jour là de faire trainer le plus possible les choses et que de toutes façons, ils n’avaient “jamais perdu un prud’hommes”. Ah, et quelque soit l’avocat que j’engagerai, il n’aura aucune chance face aux juristes du groupe qui connaissent mieux leurs contrats que quiconque.
Tant mieux, moi j’étais décidé à ne pas trainer. Je me trouve un nouveau job, je démissionne et là, nouvelle convocation. Ils se demandent pourquoi je démissionne (LOL) et acceptent de me libérer de mon préavis si j’accepte de signer une renonciation à les poursuivre… Je refuse, ils me libèrent quand même…
Quelques jours plus tard, ils m’annoncent n’avoir reçu aucune réponse des juristes du groupe (tu m’étonnes qu’ils s’en tamponnent maintenant que Théseus ne leur est plus affilié) et s’engagent à faire le nécessaire pour se familiariser avec mon dossier et m’apporter une réponse définitive.
50 jours plus tard, j’estime que le temps accordé est suffisant pour se familiariser avec mon dossier qui se résume à “Appliquez donc ce que dit mon contrat et jetez un oeil à la Convention Collective”. Je dénonce mon solde de tout compte et leur laisse une ultime possibilité de me régler la somme qu’ils me doivent.
Quant à leur réponse… Rapide, juste dans les temps accordés, pour une fois. Ils ont discrètement évité le sujet de mes fiches de paie de Juillet et Aout (que je n’ai jamais eu) pour non seulement me donner raison d’emblée sur le montant de mon salaire en inadéquation avec la Convention Collective, mais aussi sur la Prime de Vacances. (Un écrit que je ne suis pas prêt de perdre et que j’enverrai bien à Monsieur mon ex Directeur, comme à ce benêt de D.P.)
La suite est un véritable collector… Je n’avais jamais vu autant de mauvaise foi, d’intimidation et d’explications aussi peu naturelles dans un seul courrier lol. Clairement, mon contrat d’embauche n’a toujours pas été lu et on invoque une lettre préalable à l’embauche comme si elle avait été mon contrat. Le meilleur arrive… A l’aide d’un calcul tordu, ils m’expliquent qu’en fait ce n’est pas eux qui me doivent de l’argent, mais c’est moi qui leur en doit. (Ciel, que je suis bête, comment ai-je fais pour ne pas m’en être aperçu plus tôt…) Ils m’expliquent qu’ils m’ont fait un cadeau en ne me le déduisant pas de mon solde de tout compte et que si je persiste à vouloir entamer une procédure, ils me demanderont cette somme de 460€ sortie de nulle part. Sauf que si je suis leur logique (qui ne l’est guère), ce n’est pas 460€ mais 16 € que je leur devrai (en plus ils ne savent pas compter).
Alors c’est décidé, demain j’envoie le reste des pièces à mon avocat pour analyse finale, saisie des prud’hommes et réclamation de ces sommes prévues par mon contrat mais non réglées, sans compter les intérêts. Une nouvelle aventure qui commence…










Ils t’ont fait un “cadeau”…hmmm…dois-je en conclure que c’est le rouge à lèvres qui leur a coûté 460 euros? Oh my!
Bon courage pour la suite…
Il était une fois un cadre de la fonction publique, titularisé au bout de 26 mois. Or, dans les textes, seule la titularisation permet le passafe au 2 ème échelon. Toujours dans les textes, le 1er échelon dure 18 mois au maximum. Ainsi, quand un stage dure plus longtemps, on titularise avec mention sur l’arrêté de xx mois d’ancienneté dans l’échelon (mais sans rattrapage de salaire), ceci permettant de ne pas décaler l’ensemble de l’avancement sur toute la carrière.
Toujours ce même cadre a eu la connerie de faire confiance à ses RH, et ne s’est rendu compte de la boulette que 18 mois après la titularisation. Titu, qui comme tout arrêté de collectivité locale n’est contestable au TA que sous 2 mois. Quand le lièvre est levé et le contact avec les RH pris, le même cadre se fait incendier d’avoir été trop con de ne pas contester avant, et on lui avance une impossibilité juridique de faire une arrêté modificatif reprenant le “vrai” déroulement de carrière…
Devines qui songe à attendre sagement son arrêté de passage au 3ème échelon et à dénoncer tout son déroulement de carrière au TA?
Vilaine : Le rouge à lèvres c’était Noël dernier… Je ne sais même plus où je l’ai fourré… BTW, on verra ce que répondra l’avocat.
Skeet : Vu nos échanges sms, à ce niveau je ne songerai plus, je serai déjà en train de trier mes pièces et justificatifs histoire d’être toujours ready, just in case…
Je t’embauche pour défendre mes droits de salarié consterné dans ma Boïte De Gros Nazes. Ca va saigner !!! :o)
MarcelD : Quand tu veux
Pour les honoraires, on s’arrangera après lol
Et c’était quand ça ?
Max : ma collaboration a Théseus a duré exactement du 1er Juin 2006 au 5 Septembre 2007, avec des courriers échangés assez régulièrement depuis. Le dernier en date est de lundi dernier.
euhhh, juste pour dire que moi, j’ai bosser pour cette enseigne. Si y a bien un endroit ou il n’y a pas de copine, c’est bien chez eux…
C’est vrai, t’as bossé pour OD??? Avec le tshirt rouge et la casquette? :/
Mais si, il doit bien y avoir des copines, c’est pas possible qu’il n’y en ait pas. Remarque ils y font presque tous la gueule mais quand même…