Real Job TV
Steppen | 6 novembre 2007 | 13:25J’avais un peu peur en quittant Theseus*. Peur de rater quelque chose. Peur de l’inconnu, de ce monde nouveau et étrange qui m’attendait.
J’ai surmonté ma peur et me suis lancé, pour ne regretter que le fait de ne pas être parti plus tôt.
Aujourd’hui, mes horaires sont mieux adaptés à mon rythme de vie, je suis au bureau plus vite, et ma base de rémunération a eu ce sursaut qui fait que ma banquière m’aime beaucoup mieux.
Mais ce n’est pas tout… Mon cadre de travail est une émission de télé réalité !
Des caméras sont installées dans chaque bureau, chaque couloir, de préférence en doublons afin d’avoir une vision parfaite sur les « candidats » et leur « activité ».
Pas un centimètre carré de l’entreprise n’échappe à l’oeil alerte de « celui qui voit tout ». Et il voit tout de partout, avec des terminaux dans son bureau, chez lui et même dans sa villa à St Tropez.
Nous n’avons pas de confessionnal, mais la cuisine, épargnée, nous sert de salle CSA.
Idem pour le casting, bourré de clichés et de quotas. Nous avons la bonne copine, la dépressive, la racaille, le type solitaire et étrange, la calculatrice, l’homosexuel, l’amie des animaux, la bonne mère de famille, le mannequin (et femme du patron, embauchée à temps plein mais présente 1/2 jour par semaine), la taupe de la prod, l’aigrie (et sa tête de turc), le mollasson, celle qui « n’en peut plus » et va bientôt partir, etc…
Le tout mené par l’incomparable, l’inégalable maitre de cérémonie charismatique à la fois craint, et haï, sujet de nombreuses « inside jokes ».
Comme dans les émissions de ce type, il y a deux équipes désignées d’office par les deux entités du groupe, et tout bascule chaque semaine avec le thème hebdomadaire.
Nous avons eu la semaine des entretiens individuels, la semaine de « la » grève, la semaine des soit disantes démissions, la semaine de la grogne générale relative aux salaires, la semaine des coups de pute, la semaine de la réunion générale, la semaine de lutte pour obtenir le chauffage, la semaine de coopération forcée des deux équipes, etc, etc.
Notre « plateau » est réparti sur trois étages, trois ambiances différentes.
Le rez-de-chaussée ou « le front ». Les bureaux principaux des deux équipes se font face, séparés par l’accueil. L’air y est électrique et les yeux plissés signes de regards méfiants sont nombreux. L’ambiance au sein de chaque QG y est en revanche relativement tranquille. Il faut juste éviter de passer de l’un à l’autre dans un même trajet.
L’étage supérieur d’où « celui qui voit tout », de son bureau aux multiples boiseries, orné de violons, de maquettes de bateaux et autres véhicules, surveille tout ce qu’il se passe sur ses écrans 22 pouces et prépare le montage pour sa propre quotidienne. C’est également l’étage de la comptabilité. On s’y sent si bien qu’il ne manquerait que des chants d’oiseaux pour parfaire le tout.
Le sous-sol. Là c’est une autre affaire. Au sous-sol, il n’y a que des agents oeuvrant pour les deux équipes à la fois. Notre neutralité est mal gérée et nous devons malheureusement faire face à quelques coups tordus. Quoi qu’il en soit, si c’est bien meublé, la climatisation y est défaillante et indissociée du reste. Les baies vitrées du RDC et du premier étage laissent passer le froid qui n’arrive pas au sous-sol. Quand eux ont froid, nous avons chaud, quand ils ont chaud, nous avons très chaud. En ce moment, ils ont très froid. Nous avons sorti les ventilateurs !
Au départ, j’ai eu un peu de mal à me faire aux caméras, spécialement la première semaine, quand, un soir alors que je rangeais mes affaires, mon téléphone se mit à sonner et où « celui qui voit tout » s’adressa à moi en ces termes « Bonsoir, je vois que vous partez, ne mettez pas l’alarme en route, je reste encore un peu ». Depuis ca va mieux, même si je n’arrive toujours pas à ne pas fixer les caméras.
Dans notre « Real Job TV », il y a eu beaucoup de nominations, mais aucune élimination pour le moment. Je n’ai jamais été nominé, le jury doit bien m’aimer lol
Je me plais énormément là bas. Alors même si on ne parlera jamais de moi dans la presse People, j’espère vraiment que mon passage dans cette émission me permettra de « booster ma carrière » :p
* Les noms ont été changés









Et tu reçois des décharges dans ton fauteuil truffé d’électrodes quand tu piques du nez?
N’empêche, ce que tu racontes me fait un peu peur.
Pfiou ! Et vous ne faites pas de prime-time ?
pfffff… j’ai pas la tévé !
Et la piscine ???
Faut assumer les caméras. Dans l’ascenseur de Monop’, ADMV me fait toujours un bisous langoureux face à la caméra. Un jour tu nous verras peut-être sur Téhaifin ou sur pink tévé ?(ca existe encore au fait ???)
La Vilaine : Pas d’électrochocs, mais a châleur a tendance à me faire piquer un peu du nez entre 14h30 et 15h00… La politique en gros c’est « si tu n’as rien à te reprocher tu n’as pas à avoir peur’. « celui qui voit tout » veut pouvoir vérifier si untel ou untel travaille bien à chaque instant.
Max : Non, pas de Prime-Time hélas. Mais nous avons de temps en temps des guest-stars. Je ne citerai aucun nom une nouvelle fois pour cause de confidentialité.
Agla : Pas grave, t’as un PC, ca suffit pour regarder le Live ^^
Ed : Les ascenceurs me font cet effet, les escalators un peu moins ^^ Pink TV existe toujours, mais sa programmation est toujours aussi bas de gamme voire carrément niaise ^^
OOOh la description des employés me rappel quelques personnes chez moi :p ( en ce moment c’est la semaine de celle qui rale et va se casser demain ( mais ça fait 6 mois qu’elle doit se casser demain … ))
Maintenant que j’y pense je crois qu’on a tous le même casting au boulot : nous aussi on a celui qui supporte plus le boulot ici et cherche à se barrer à tout prix (mais ça fait trois ans qu’il échoue); celle qui râle en permanence sur l’organisation de tout, celui qui est prêt à tout pour monter en grade, l’alcoolique, l’homo sympa, l’asocial, la feministe outragée, la gentille poire, etc… et là c’est la grande semaine de la déprime et du ras-le-bol généralisé.
La différence avec ton boulot c’est qu’on n’aurait pas assez de sous pour mettre des caméras
Linkiseb : Je rejoins la Vilaine, c’est comme s’il y avait une loi cosmique qui voulait que dans toutes les boites il y avait la même distribution.
C’est sans doute ça l’équilibre de la nature lol
Vilaine : J’adore ces gens qui disent qu’ils partent et genre ils n’y arrivent pas depuis des années, c’est vraiment trop bête !
Pour les caméras, vous avez pensé à augmenter les frais de scolarité? Ah non, ca a déjà été fait :p
Oui et au lycée, c’est pareil pour les élèves.
Tu sais que ça fait peur ton truc? Mais enfin, on te permet quand même de bloguer au bureau, tu as donc quand même un semblant de liberté…
Max : J’avais oublié que beaucoup de lycéens en ont marre et veulent tout quitter. « Chuis trop vénère » comme le disait Florence Foresti
Ditom : Ca fait un peu flipper au début, mais après quand tu comprends un ou deux rouages du truc, c’est bon
Oui, il est en mesure de savoir tout ce que l’on fait, le truc c’est qu’il ne peut s’attarder sur tout le monde tout le temps (heureusement). Je m’arrange donc pour être irréprochable et satisfaire un certain nombre des besoins primaires d’un chef d’entreprise. Après ça, je citerai mon dernier Directeur Commercial « fais des affaires, fais ton taff et on te fera pas chier », c’est simple !
ok… on insulte mon mac-addictism.
jme casse.
Ca doit etre stressant de se savoir constamment obeservé! Moi ca me saoulerait très vite.
Agla : LOL, sorry, c’est vrai que la marque de la pomme malgré son format audio fasciste fait de bons ordinateurs personnels (ou PC
)
Shams : Promis, le pire ce ne sont pas les caméras, mais de ne pas avoir de fenêtre et de ne pas voir la lumière du jour sauf le matin en y allant ou le midi en allant chercher à manger.