A l’Ecole du Crime Organisé.
Steppen | 30 octobre 2007 | 02:11Après un an perdu à me chercher dans une cité universitaire au fin fond de la ligne B du RER, ayant préféré apprendre d’autres leçons que celles des amphis, j’ai changé de filière et ai intégré une école sur Paris.
Croyez moi quand je vous dis que dans le 17eme, tout a l’air pédagogique, même les hotels de passe.
Oui en fait à bien y réfléchir, c’était ca, tout à fait : un hotel de passe.
Le corps dirigeant de l’établissement, renouvellé par trois fois durant mes 5 années d’apprentissage, peut être chronologiquement résumé de la sorte :
D’abord un mafieux pour qui l’argent pouvait ouvrir toutes les portes.
Puis une vieille maquerelle qui vous endormais royalment et a finit par s’enfuir avec le pognon.
Enfin, une jeune vicieuse pour qui seul l’effort, le travail et la complaisance avaient un sens.
La déco? Ici de la moquette murale, là, des salles peintes en blanc. Du lino, des boiseries, des corniches d’époque, une terrasse immense avec vue sur l’extérieur aux rambardes de fer forgé dont la robustesse était surfaite si l’on en croit les dires de l’encadrement.
A l’entrée, des fauteuils rouges… Et même parfois dans les salles…
Surtout, des élèves qui vont et viennent selon leur humeur résultante d’interactions parfois enrichissantes (mais souvent teintées d’une fainéantise caractérisée que seul l’intérêt pouvait réussir à balayer) avec un immense corps professoral d’habitués vieillissants ou de jeunes premiers arnaqués à coup de campagnes marketing outrageusement surfaites.
Nous étions de jeunes catins en apprentissage, nous voilà de grandes et belles prostituées de la vie… Ouvertes à toutes les propositions possibles et inimaginables pourvu qu’elles nous tirent vers le haut, chaque jour un peu plus, échelon par échelon, marche par marche (et si possible deux par deux… ou plus), espérant qu’un jour notre rêve personnel devienne réalité, ou qu’au moins notre voie incertaine mais régulièrement relancée à coup sourires hypocrites, de vraies/fausses déclarations, de poignées de mains se voulant le plus franche possibles pour dissimuler notre hargne de réussite, tende à s’en rapprocher le plus.
(Waow, ce que j’en fais de longues phrases…)
Un jour, nous réaliserons nos rêves, mais à quel prix.
Aurons nous perdu notre âme, ou aurons nous gagné une identité affirmée à coup de tromperies raffinées et d’opportunisme délicat, dans cet hotel de passe?
Nous avons gagné notre diplôme par cet enseignement qu’il n’y a pas de chemin tracé vers la réussite, que seul compte le résultat, et cela par cette lutte quotidienne pour survivre.
Nous nous sommes chacun frayés notre chemin, à coup de services rendus, chacun avec sa propre dextérité, chacun alimentant la machine avec ses propres outils et compétences.
Il y avait les « dealers », qui fournissaient sucreries, cigarettes, cigarettes+, téléphones portables, ordinateurs portables, services divers et autres bons plans…
Il y avait les « faussaires », qui imitaient à la perfection les signatures des autres, les couvrant pour leurs absences…
Il y avait les « pies », qui savaient tout sur tout, capables de réguler les flux de connaissances, capables de toutes les bassesses possibles pour enrichir leur « bibliothèque » et de toutes les retouches possibles de l’information pour arriver à leurs fins.
Il y avait les « scribes », qui notaient à la lettre prêt les moindres articulations des cours pour le marché noir… seulement tout n’était pas disponible pour n’importe qui…
Il y avait les « stratèges », qui pouvaient expliquer la ligne directrice des cours et prédire avec une quasi certitude quels seront les sujets d’examens, rapport alambiqué entre la continuité des tenants du cours et des analyses statistiques des 3 années précédentes.
Le must étant d’être à la fois scribe et stratège, mais ces gens là vivaient cloisonnés derrière des murs de solitude montés à la hâte pour se protéger de toute l’agitation externe.
Au départ de tous les réseaux, il y avait généralement un scribe et un stratège. Ces couples se formaient d’instinct. Tous les autres, parasites de circonstances venaient s’agglutiner autour de ces puissants tandems. Quel pouvoir ils avaient, sans toujours s’en rendre compte.
Bien sûr, « Tout se paie », aussi bien en frais de scolarité qu’en investissement « parallèle », chacun troquant, échangeant, mettant à disposition des autres ses compétences contre un retour d’ascenceur favorable.
L’apprentissage sur le terrain de la valeur de l’acte commercial en milieu fortement concurrenciel…
Au final, nous avons tous monté en compétences dans chacun de ces domaines. Certains plus que d’autres.
Le travail, l’investissement purement scolaire ne comptait plus uniquement car « Le monde appartient à cette nouvelle génération de « fraudeurs », de culotés, de menteurs qui connaissent le sens du réseau, de l’opportunisme et de l’opportunisme de réseau ». Ne nous a-t-on d’ailleurs pas proposé un cours « officiel » de méthodes intelligentes de fuite fiscale?
Où sont allées ces jeunes catins devenues fières putains mondaines?
Ou sont aujourd’hui ces belles fausses-ingénues métamorphosées en rapaces avides de réussite gagnée facilement du fait de leur enseignement « secondaire »?
Partout la même histoire, partout les mêmes enjeux… Elles sont là, parmi vous…
Peut être même en êtes vous une.









Flo était un scribe, mais toi je sais pas…
Bizarre tous ces souvenirs que j’ai d’une scolarité qui n’a pas été la mienne.
J’ai du oublier une ou deux catégories de malfrats, never mind. J’étais là bas en transit, so…
Cela dit, avoir été pris sous l’aile d’un scribe m’a été d’un grand secours…
Nos véritables leaders !!! Complétés par les stratèges lorsqu’il le fallait.
J’ai été un parasite de circonstance à tendance faussaire tout du long.
Moins la dernière année cela dit, mes réseaux ayant changé, j’ai dû m’adapter… forcément.
Ah, ça, si on t’apprend à sucer, c’est certain que tu iras loin.
L’autodidactie ne fait plus recette… Avant, se prostituer pour y arriver était inné chez certaines personnes… Si en plus maintenant il faut le faire en en maîtrisant la méthodologie!
Notre garde des sceaux serait elle passee par ton ecole ???
C’est laquelle ta Spice girl préférée ?
Spicynico : lol, pas loin, mais profond
Ditom : C’est comme partout, il y a les amateurs et les pros… Même certains amateurs sont plus doués que les autres… J’aimerai bien voir la tête de ces gens nés avec le « don » de la prostitution…
Chickenbaby : M. Raymond Barre en fut Président pendant 10 ans, alors pourquoi pas lol
Pheel : PHEEEEEEEEEEEEEEEEEEEL, toi zissi? Ma Spice Girl préférée est celle qui achètera ma place en trop pour le concert of course
Et toi, de laquelle s’agit-il? :p
J’ai habité le 17 ème, rue St Ferdinand, didactiquement parlant, j’y ai vécu mon premier attentat, explosion de la poste en bas en pleine nuit. C’était il y a environ 26 ans.
Arffe, ca doit pas franchement être la folie d’être réveillé par un morceau de chair claqué sur une vitre. Traumatisant même…